7 février 2010

Une bonne pensée pour son auto-injecteur

Comme la majorité des adolescents, mon fils s'habille très légèrement malgré le froid hivernal qui caractérise nos hivers québécois. Oubliez la tuque! Il porte des souliers en tout temps et réserve les gants pour les jours de froid extrême. Comme j'ai la sagesse de choisir mes batailles, il y a longtemps que je ferme les yeux sur cet excès.

Un peu comme il le fait avec les vêtements, mon grand garçon de 14 ans ne se préoccupe pas de se protéger en apportant son auto-injecteur lorsqu'il quitte la maison. La plupart du temps, si je ne lui rappelle pas de le prendre en sortant, il l'oublie à la maison. Alors, dès que je l'entends mettre ses souliers, j'accours près de la porte et je lui demande s'il a pris son auto-injecteur avec lui. Croyez-moi, j'ai développé une ouïe bionique.

Un jour, la conversation s'est déroulée fort différemment.

Moi (comme à l'habitude) : « As-tu pris ton Epipen? »

Mon fils (sur un ton irrité) : « Ça ne te dérangerait pas que je sorte dehors tout nu (Tiens donc! Il a remarqué!) mais tu vérifies toujours si j'ai mon auto-injecteur. »

Je me suis surprise à lui répondre : « Et oui! J''aime que tu sois vivant! Je ne peux rien contre ça. »

Je ne sais pas quel déclic s'est produit dans la tête de mon garçon, mais depuis ce jour il est autonome et apporte son auto-injecteur avec lui chaque fois qu'il quitte la maison. Et ça dure depuis près d'un an.

Je vous invite à commenter cet article en cliquant sur le lien « ajouter un commentaire » apparaissant au bas de cette page.







31 janvier 2010

Pita au thon

Description de l'image qui apparaît quand elle n'est pas affichée

Il n’est pas rare que les cinq membres de notre famille apportent un lunch pour le repas du midi. Face à l’importance de la tâche, j’ai pris l’habitude de préparer durant la fin de semaine quelques garnitures à sandwich et quelques salades. Il suffit d’ajouter certains ingrédients à la dernière minute (yogourt, mayonnaise, vinaigrette, etc.) et le tour est joué.

Le sandwich que je vous présente aujourd’hui fait partie de mes coups de cœur. Il est un rayon de soleil dans ma boîte à lunch.

Ce que je cuisine ne convient pas à tous. À vous de juger ce qui est approprié au régime alimentaire de la personne allergique pour qui vous cuisinez. Soyez prudents!

340 g de thon pâle dans l’eau
2 branches de céleri coupées en petits dés
40 ml de yogourt nature
40 ml de mayonnaise
30 ml de relish sucrée
5 ml de poudre de cari
5 ml de jus de citron
125 ml de cheddar râpé
Sel et poivre au goût

4 feuilles de laitue frisée
4 pains pitas de blé entier

1. Dans un bol, bien mélanger tous les ingrédients sauf la laitue et les pains pitas.
2. Couper les pains pitas en deux et garnir chaque moitié d'une demi-feuille de laitue.
3. Répartir la préparation au thon dans chacun des pains.









Autres recettes:

23 janvier 2010

Voyage scolaire


Quand mon fils m’a fait un de ces regards irrésistibles, mon cœur a craqué et j’ai décidé de trouver les moyens pour qu’il participe au voyage scolaire de fin d’année à New York. L’an dernier, je ne lui avais pas permis d’aller à Boston et cela avait été la première fois de sa vie que les allergies alimentaires l’avaient empêché de participer aux mêmes activités que ses amis. J’ai senti qu’il en avait été triste.

Il faut dire que mon fils ne mange pas dans la plupart des restaurants. S’il était seulement allergique aux arachides et aux noix, il serait possible de s’en accommoder. Cependant, je ne fais pas confiance aux capacités des cuisiniers à préparer des mets exempts de soya. Cet aliment a la mauvaise habitude de se cacher là où on s’y attend le moins.

Lors d’un précédent voyage scolaire à Montréal et à Ottawa, mon garçon a apporté tous ses repas dans une glacière. Cette stratégie a bien fonctionné. Cependant, dans ce cas-ci, plusieurs aliments canadiens sont interdits de l’autre côté de la frontière. Que se passerait-il si les repas de mon fils étaient confisqués à la douane? Une autre difficulté est que le voyage durera 4 jours et que même la meilleure des glacières ne pourra conserver des aliments durant toute cette période. Par ailleurs, les expériences passées m’ont appris qu’il ne faut pas compter avoir accès à notre glacière en tout temps et qu’il est préférable d’apporter ses repas dans un sac à dos.

Déterminée, j’ai fait des recherches approfondies pour trouver des aliments en conserve qui correspondent aux critères de la douane américaine et aux restrictions alimentaires de mon fils. Pas facile de trouver du prêt à manger exempt de soya! Fort heureusement, mon fils n’est pas allergique aux poissons et cet aliment est autorisé par la douane américaine. Mon objectif n’était pas que mon adolescent mange équilibré ou varié, mais plutôt qu’il n’ait pas faim. Je me suis assurée de faire goûter à mon fils chacune de mes trouvailles. Plusieurs n’ont pas passé le test. Voici les aliments qui ont été retenus : Darne de thon, saumon, soupe-repas (seulement une d’elles correspondait à mes critères), jambon, dîner pour bébé (évidemment plus d’un pour un seul repas!), pâté de foie gras (et peu york, mais bon!), riz en portion individuelle, craquelins, biscottes, jus de légumes, biscuits et céréales pour les déjeuners.

J’ai crié victoire et j’ai fait des provisions en vue du voyage. Au moment venu, il me suffirait d’emballer chacun des repas individuellement. De son côté, mon garçon n’aurait qu’à en glisser deux dans son sac à dos tous les matins avant de quitter l’hôtel. Et surtout, il pourrait s’amuser avec ses amis.

Mais voilà, mon fils n’ira pas à New York. J’ai trouvé sur son bureau le formulaire d’inscription qu’il n’a pas remis à son professeur. Lorsque je lui en ai parlé, il m’a dit qu’il préférait aller à New York en famille. Devant mon insistance, il m’a informé que le voyage a été annulé faute d’inscriptions. Mon petit doigt magique de maman me dit qu’il a plutôt choisi de ne pas y aller.

Aurait-il eu peur de devoir manger seul à l’extérieur du restaurant parce que le professeur lui a dit s'inquiéter que les restaurateurs refusent qu’il mange des aliments qui n’ont pas été préparés dans leur établissement?

Aurait-il craint les commentaires de ses amis?

Aurait-il évalué que le plaisir que lui procurerait ce voyage ne serait pas à la hauteur des difficultés à surmonter?

Et quoi encore?


Pour approfondir le sujet...
Les restaurants McDonald’s et Burger King
Choix difficile
Le point de vue des personnes allergiques
Éviter les restaurants pour cause d’allergies alimentaires

15 janvier 2010

Étiquetage préventif



Je sais que la moitié d’entre vous n’aime pas que je publie des articles sur la mise à jour de la politique canadienne d’étiquetage des aliments. Si c’est votre cas, je vous invite à mettre cet article de côté et à passer à autre chose. Je vous promets que le prochain texte vous plaira.

Vous êtes toujours là? Alors, voici que Santé Canada et l’Agence canadienne d’inspection des aliments travaillent présentement à développer de nouveaux règlements concernant l’étiquetage relatif aux allergènes alimentaires. Ce qui les préoccupe tout particulièrement ces temps-ci, ce sont les fameux avis «peut contenir».

Ce qu'il faut comprendre c'est que la réglementation actuelle n'oblige pas les fabricants à inscrire une mise en garde sur leurs produits lorsqu'il est possible qu'ils aient été accidentellement en contact avec un des principaux allergènes. Ils sont invités à le faire, mais n'y sont pas contraints. Donc s'il n'y a pas d'avis sur un produit, cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de risque qu'il contienne le ou les aliments que nous voulons éviter.

L'étiquetage préventif est une question très délicate, car l’absence d’une mise en garde justifiée peut conduire à une réaction allergique alors que l’utilisation à outrance de mises en garde peut grandement restreindre les choix alimentaires des personnes allergiques.

Une consultation publique est présentement en cours afin de connaître l’opinion des Canadiens sur l’étiquetage préventif. Il est trop tard pour participer aux ateliers régionaux de consultation, mais il est toujours possible de vous faire entendre en complétant le Cahier pour la consultation que vous pouvez compléter en ligne à partir de cette adresse:
http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/consultation/_allergen2009/draft-ebauche-fra.php


Voici quelques-unes des stratégies étudiées:

▪ Soutenir les fabricants et les importateurs et poursuivre l’actuelle politique d’affichage volontaire de mise en garde.

▪ Limiter le nombre de libellés utilisés pour les mises en garde.

▪ Créer un système d'information qui indiquerait aux consommateurs si une évaluation des risques a été réalisée sur des produits qui portent ou non un étiquetage préventif. Les consommateurs pourraient être informés au moyen d'un site Web accessible par les consommateurs, par un symbole sur le produit ou par d'autres mécanismes.

▪ Exiger qu’une évaluation des risques soit réalisée et que les résultats de l'évaluation des risques soient documentés de manière adéquate avant que l'on puisse y apposer une mise en garde.

▪ Obliger les fabricants et les importateurs à se conformer aux lignes directrices et mettre fin au système volontaire présentement en place.

Faites vite, car vous devez faire connaître vos commentaires avant le 10 février 2010.









À lire aussi...
Une loi pour améliorer la sécurité dans les écoles
Chaque action compte
Ensemble sur le sentier des allergies alimentaires
Arrêter d'imaginer le pire
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13 janvier 2010

Sondage pour une projet de mets prêts-à-manger

Deux fidèles lectrices de ce blog ont besoin de votre aide pour un projet qui leur tient beaucoup à coeur et qui aurait des retombées positives pour les personnes vivant avec les allergies alimentaires. Voici le message qu'une d'elle vous adresse:


Bonjour à tous et la plus merveilleuse des années 2010 !

La présente vise à vous demander un peu d’aide:-)… En effet, une amie et moi-même, de Québec, sommes touchées par les allergies alimentaires sévères et les intolérances alimentaires. Nous avons fait l'ébauche d'un projet d'affaires, sans allergènes, pour tenter d'alléger le fardeau des repas des jeunes familles comme les nôtres ou de tout individu ayant des allergies ou intolérances alimentaires. C'est ainsi que nous sommes entrées en contact avec des étudiants de l'Université Laval pour l'élaboration d'un sondage à ce sujet, d'une durée de 3 minutes.

Nous apprécierions donc vraiment que vous preniez une courte pause de 3 minutes pour le compléter. Par la suite, il nous serait d’une grande aide que vous acheminiez le lien du sondage aux membres de votre entourage qui ont des allergies ou intolérances alimentaires.

Vous voici prêt à compléter le sondage en cliquant sur le lien ci-dessous :
www.surveymonkey.com/s/YH9XR7M



Bonne fin de journée et merci pour votre support !!



Judith Robert


10 janvier 2010

Air Canada doit accommoder les passagers allergiques aux noix et aux arachides



L'Office des transports du Canada a demandé à Air Canada d'établir une politique afin de permettre aux passagers allergiques aux arachides et aux noix de voyager en toute sécurité. Elle accorde au transporteur aérien un délai de 30 jours pour donner suite à cette requête ou pour trouver une solution de rechange. Dans sa décision, l'Office mentionne que l'allergie sévère aux noix doit être considérée comme une déficience et qu'un accommodement doit être offert aux voyageurs qui en sont atteints. L'Office ajoute que la création d'une aire réservée aux personnes allergiques aux arachides et aux noix représenterait une solution valable.

Cette demande fait suite aux plaintes de deux passagères. Une d'elles est le Dr. Sophia Huyer qui en avril 2006 voyage à bord d'un vol d'Air Canada en partance de Toronto à destination de Londres. À l'embarquement, elle informe les agents de bord qu'elle est allergique aux noix et leur demande de ne pas en servir durant le vol. En retour, elle est avisée qu'Air Canada ne peut suspendre le service de noix de ce vol, car il est trop tard pour les remplacer par d'autres collations. Le personnel d'Air Canada offre alors au Dr. Huyer le choix de demeurer dans cet avion ou de débarquer. Devant l'hésitation du Dr. Huyer, Air Canada décide qu'elle prendra le vol suivant et veille à ce que les collations offertes dans celui-ci soient exemptes de noix. En mai 2006, alors que le Dr. Huyer voyage cette fois-ci entre Francfort en Allemagne jusqu'à Toronto en Ontario, elle informe Air Canada de ses allergies dès la réservation. À l'embarquement, alors qu'elle rappelle au personnel de ne pas servir de noix, elle est informée qu'il y aura malgré tout des noix parmi les collations offertes. À nouveau, elle doit choisir entre demeurer dans l'avion ou débarquer et prendre le suivant. Face à sa décision de ne pas quitter l'avion, les membres de l'équipage lui font signer une décharge de responsabilité. Elle s'enfermera alors dans la salle de bain durant 40 minutes lors du service des collations.

En avril 2006, la jeune Mélanie Nugent voyage avec sa famille entre St-Jean, Terre Neuve jusqu'à Orlando en Floride via Toronto à l'allée et via Montréal au retour. Les Nugents sont satisfaits de l'accommodement qui leur est proposé lors des 3 premiers vols durant lesquels une annonce est faite aux passagers leur demandant de ne pas consommer d'arachides. Cependant, les agents de bord du vol en partance de Montréal refusent de faire cette annonce et leur proposent plutôt de les déplacer à l'arrière de l'avion où 6 rangées de bancs les sépareraient des autres passagers. Les parents de Mélanie refusent cet accommodement. Finalement, la mère de Mélanie se lève et demande elle-même aux autres passagers de ne pas consommer d'arachides durant le vol.

L'analyse de ces incidents a permis à l'Office des transports du Canada de conclure que l'absence d'une politique officielle visant à répondre aux besoins des personnes ayant une déficience en raison de leur allergie aux arachides ou aux noix, et l'incertitude ainsi créée, constituent un obstacle à leurs possibilités de déplacement.

Quoique la décision de l'Office des transports du Canada vise seulement Air Canada, j'ai bon espoir qu'elle contribue à une nouvelle règlementation pour tous transporteurs aériens. Enfin, ça bouge en la faveur des personnes allergiques!

J'ai publié en janvier 2009 des textes faisant état de la sécurité à bord des avions. Je vous invite à les lire ou à les relire, car ils permettent de situer la décision de l'Office dans un contexte plus large.
Est-il dangereux pour les personnes allergiques de voyager en avion?
Améliorer la sécurité à bord des avions

Vous pouvez aussi lire sur cette page la décision rendue par l'Office des transports du Canada.

Voici un lien qui vous conduira à la politique actuelle d'Air Canada relative aux allergies alimentaires.

Et pour terminer, je vous invite à lire ici les commentaires des lecteurs suite à la présentation de la décision de l'Office des transports du Canada dans le journal Globe and Mail (en anglais). Les âmes sensibles doivent s'abstenir, car le contenu de ces commentaires est à haute teneur en individualisme et en ignorance.

Et vous? Qu'en pensez-vous? Je vous invite à commenter cet article en cliquant sur le lien « ajouter un commentaire » apparaissant au bas de cette page.








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